En attente d’une greffe de rein, un pompier de Pontivy (Morbihan) en Bretagne participe une course pour laquelle il va effectuer 5 étapes du Tour de France, sous dialyse. Récit.

Elie Le Boulh

« Ce n’est pas parce qu’on est malade ou handicapé qu’on ne peut pas faire de sport. Mon message est clair: quand c’est possible, il ne faut pas rester à rien faire. Je veux donner la niaque à ceux qui se plaignent tout le temps.»

Élie Le Boulh est pompier professionnel à Pontivy depuis 1992. L’adjudant-chef Le Boulh revient tout juste d’un arrêt maladie de dix mois. « J’en pouvais plus de rester à la maison à tourner en rond. » Il n’avait qu’une envie: remonter sur son vélo de course et s’entraîner à nouveau. Car le 4juillet, Élie Le Boulh va participer, avec 16 autres coureurs, valides et handisports, à une sacrée aventure: le Handicols 2016. Il s’agira d’effectuer cinq étapes du Tour de France cycliste, un jour avant les coureurs professionnels. Cinq étapes qui le conduiront de Saumur, dans le Maine-et-Loire, à Bagnères-de-Luchon, dans la Haute-Garonne. Soit une balade de près de 1000km avec, au passage, des cols aussi mythiques et difficiles que le Pas de Peyrol (1589m), le Perthus (1309m) ou encore le Tourmalet (2115m)…

« On verra au jour le jour »

« J’ai hâte de le faire ces cinq étapes pour voir comment je me débrouille. Et si je suis trop fatigué, je zapperais un bout d’étape. On verra au jour le jour »

A 56 ans, Élie Le Boulh n’est pas un cycliste comme les autres. Il est atteint de la maladie de Berger, une maladie auto-immune qui touche les reins et dont on ne guérit pas.

« Je suis malade depuis l’âge de 16 ans. » Mais son état s’est considérablement dégradé en 2014. Il est, depuis cette date, sur liste d’attente pour une greffe de reins. En attendant, il est dialysé. « Pendant un an et demi, ça a été l’hémodialyse trois fois par semaine à l’hôpital. » Les veines de son avant-bras gauche en gardent encore des traces douloureuses et handicapantes. Ensuite, il est passé à la dialyse sous poche via un cathéter dans le ventre. « Je m’injectais le produit en journée. » Et depuis décembre 2015, c’est une machine qui lui injecte la mixture, la nuit, chez lui. « Du coup, je dors seul depuis un petit moment Mais, ça me permet de travailler. »

Trop fatigué avant

Élie Le Boulh a repris son travail à la caserne des pompiers de Pontivy en mi-temps thérapeutique. « Je ne fais plus les opérations de secours. Je suis détaché à la plateforme technique de Vannes: j’entretiens les véhicules du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours). D’ailleurs, là, je vais effectuer un dépannage sur Noyal. »

Et quand il ne travaille pas, Élie est sur son vélo et mange des kilomètres de bitume. «En fait, je fais du vélo depuis que je suis dialysé. Avant, je ne pouvais pas; j’étais trop fatigué. » Depuis août 2014, Élie a donc parcouru quelque 3 000km « Je vais à mon rythme.» Et parfois, le rythme est plutôt soutenu. L’an dernier, il a participé aux 24 Heures de vélo entre Le Havre et Abbeville, aller-retour. Avant, ça a été une étape du Tour de France

Inciter au don d’organes

C’est l’association Osons les défis qui organise le Handicols 2016. Un défi au profit de deux associations: Les enfants de la lune* et France Adot (Association pour le don d’organes et de tissus humains).

« Les objectifs du Handicols 2016 sont multiples: parler du handicap et des bienfaits du sport en permettant à des cyclistes handisports de réaliser un défi avec le concours des autres et par le dépassement de soi. Il s’agit aussi de récolter des fonds pour Les enfants de la lune et mieux faire connaître l’Adot et inciter les personnes à prendre des cartes de donneurs ».

Pour le Handicols 2016, Élie portera le maillot de l’Adot.

Pause dialyse toutes les quatre heures

Le Handicols 2016 ne sera pas de tout repos pour l’adjudant-chef Le Boulh. Il devra être, durant cette semaine du 4 au 8juillet, sous dialyse.

« Je vais être obligé de repasser à la dialyse en poche. Toutes les quatre heures, je vais devoir m’arrêter pour m’injecter le produit. Il faut entre 30 et 45 minutes pour le transfert. »

Côté logistique, Élie va emmener avec lui une remorque remplie de poches.« Je ne suis pas angoissé, mais j’espère ne pas trop le payer ensuite. » En cas de coup de mou, Élie sait qu’il pourra compter sur les autres coureurs pour le pousser. « Le cœur sur la main et la main sur les reins. » Pour un cycliste, l’image parle d’elle-même

 

*Les enfants de la Lune est une association qui oeuvre à l’amélioration des conditions de vie des personnes atteintes du Xeroderma Pigmentosum, une maladie qui les empêche de s’exposer à tout rayon ultra-violet.

Sources: http://www.leploermelais.fr/2016/07/04/tour-de-france-2016-en-attente-d-un-rein-un-pompier-de-bretagne-court-5-etapes-du-tour-sous-dialyse/

http://www.pontivyjournal.fr/2016/06/29/elie-le-boulh-le-pompier-professionnel-de-pontivy-est-en-attente-d-une-greffe-de-reinsson-defi-1-000-km-a-velo-sous-dialyse/

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