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C’est une première sur notre territoire. Le Dr Nicolas Doumerc, urologue au CHU de Toulouse, a réalisé cet été une greffe rénale robot-assistée sur deux patients français en situation d’obésité morbide (IMC ≥ 40). Retour avec l’urologue toulousain sur cette intervention mise au point aux États-Unis, et qui devrait se développer en Europe.

L’obésité représente une contre-indication à la greffe rénale. Les risques pariétaux et infectieux sont en effet trop élevés, du fait des larges incisions à effectuer sur ces patients à la morphologie particulière. Ces risques sont diminués en passant par la voie cœlioscopique mais la technique reste complexe, la masse adipeuse du patient compliquant fortement l’accès aux organes.

Pour contourner cet abord difficile, il est pourtant possible d’employer la chirurgie mini-invasive par voie transabdominale, via une courte incision sus-ombilicale. La technique, développée par l’équipe du Dr Enrico Benedetti à l’université de l’Illinois à Chicago, s’est étendue à l’Inde mais peine encore à s’implanter en Europe.

Entre 2009 et 2011, l’équipe américaine a effectué cette opération sur une cohorte de 28 patients quinquagénaires. Un succès : sur l’ensemble des patients, pas un n’a développé d’infection péri-opératoire, tandis que sur un groupe de 28 patients de corpulence similaire opérés par voie ouverte quelques années auparavant, huit avaient développé des infections.

Deux patients opérés avec succès
Pour la première fois en France, le Dr Doumerc, en collaboration avec les Drs Nassim Kamar et Federico Sallusto du CHU de Toulouse, a réalisé cette intervention sur deux patients en situation d’obésité morbide : une patiente en mai dernier (1,60 m pour 105 kg, soit un IMC de 41), suivi le mois suivant d’un second patient (1,80 m pour 130 kg, IMC = 40).

« Passer par la voie cœlioscopique est effectivement moins risqué pour le patient », explique le Dr Doumerc : l’incision de quatre centimètres réalisée au-dessus de l’ombilic présente un risque d’infection bien moindre que la chirurgie ouverte et son incision d’une trentaine de centimètres. « Même s’il est plus facile d’atteindre les fosses iliaques par cette technique, cela reste une chirurgie délicate compte tenu du morphotype des patients », ajoute-t-il.

La technique n’est malheureusement pas adaptée à tous les patients en surpoids. Il existe en effet des contre-indications sérieuses en cas de calcification des vaisseaux iliaques avec plaques d’athérosclérose, par exemple. Les antécédents de chirurgie abdominale doivent également être pris comme un risque sérieux pour le patient et peuvent constituer une contre-indication.

Une formation européenne en prévision
« Tous les CHU sont équipés de robots Da Vinci », constate Nicolas Doumerc, « mais il faut maintenant former les chirurgiens à cette technique opératoire. » Pour ce faire, la section d’urologie robotique de l’EAU (EAU Erus), dont le Dr Doumerc est membre, a mis en place depuis un peu moins d’un an une formation. Pour l’heure réservée à quelques chirurgiens en Europe, elle devrait à terme s’ouvrir à l’ensemble des urologues désirant accéder à un enseignement de qualité.

Les résultats de cette opération de greffe rénale robotisée seront présentés par Nicolas Doumerc au 110e Congrès français d’urologie en novembre à Paris, ainsi que ses travaux sur la greffe par voie transvaginale. La technique opératoire devrait donc se développer et faire de plus en plus parler d’elle.

Source : Association Française d’Urologie

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