Don d'un rein

DON DE VIE. Il n’existe pas de plus beau cadeau que le don de vie. Lundi, Bruno Hélie, un travailleur retraité de l’usine Rock Tenn, a donné un rein à son ami Daniel Desrochers dans un hôpital de Québec. Un geste d’altruisme peu ordinaire, qui a fait écho, partout à La Tuque.

Depuis une dizaine d’années, l’homme de 52 ans vivait avec une maladie kystique du rein. Des kystes, qui se forment sur les reins, prennent une forme qui s’apparente à des grappes de raisins et finissent par affaisser l’organe.

«Ça fait dix ans qu’il sait qu’un jour, il devra avoir une greffe. Les kystes ont grossi et ses reins fonctionnaient peut-être à 5 % de leur capacité», explique sa conjointe, France Rivard.

Depuis un an, le couple a dû emménager à Trois-Rivières en raison de dialyses effectuées au rythme de trois fois par semaine. Cela, après avoir dû laisser leur résidence de Lac-Édouard.

Il fallait donc trouver un donneur pour lui permettre de revivre normalement. Sa conjointe, France Rivard, ainsi que le fils de celle-ci, Guillaume, ont tout de suite levé la main, mais ce n’était pas possible puisqu’ils ne répondaient pas à tous les critères.  Son ami Bruno Hélie l’a aussitôt offert. C’est en janvier 2016 qu’on a commencé à évaluer si le donneur et le receveur pouvaient être compatibles. «Ils étaient tellement compatibles qu’ils pensaient que c’étaient des frères», poursuit Mme Moisan.

«Ça va super bien»

Daniel Desrochers pourra bénéficier d’une qualité de vie tout à fait normale. «Ça va super bien», assurait-il en entrevue à TC Media, en début d’après-midi mardi, au lendemain de son opération.

L’intervention s’est fort bien déroulée. Déjà au lendemain, les deux hommes affichaient une très bonne mine. «C’est une opération parfaitement réussie (…) Le médecin a dit à Bruno que s’il avait eu à filmer une opération, ç’aurait été celle-là. Daniel est entré en salle d’opération à 11h30 et il était en salle de réveil à 15h15. Quand ils ont transplanté le rein à Daniel, ça a fonctionné tout de suite. Des fois, ça prend des jours, mais là, ça a parti tout de suite», résume Chantal Moisan, la conjointe de  Bruno Hélie, visiblement heureuse du succès de l’intervention chirurgicale. Une réussite dans les deux cas, puisque M. Hélie s’en remet également très bien. Il était debout le lendemain de l’opération.

Des liens uniques

L’histoire revêt un caractère fort particulier, quand on sait que Daniel Desrochers est le conjoint de France Rivard, avec qui Bruno Hélie a été en couple pendant 17 ans auparavant. Ils ont deux enfants.

On ne peut en avoir meilleure démonstration : les deux couples sont en excellents termes. «Nous quatre, on est très proches, c’est une belle famille unie», qualifie Chantal Moisan.

«Quand on a su pour la maladie de Daniel, on en a discuté. Bruno l’a fait parce qu’il adore Daniel et le respecte beaucoup. Il voulait lui donner une qualité de vie et faire ce don, de son vivant (…) La première chose qu’il a dite en sortant de l’opération, c’est : Daniel ! Daniel ! C’était sa préoccupation. Quand il a su que Daniel allait super bien, c’était l’apothéose», ajoute Mme Moisan.

Normand Joly, un ami des deux hommes, s’est montré  très touché par le geste. «Bruno a donné la vie à Daniel, s’exclame-t-il. Quand on dit : donner au suivant, c’est complètement cela (…) Il lui a donné un rein de son vivant».

La convalescence

Les deux hommes vivront une convalescence de quelques semaines. Dans le cas de Daniel Desrochers, il passera 10 jours à l’hôpital, après quoi il devra demeurer dans la région de Québec pendant deux mois, en raison de contrôles qui devront être effectués régulièrement.

Après une convalescence d’environ  trois ou quatre mois, M. Desrochers pourra retourner travailler à l’usine West Rock, où il est contremaître général.

Quant à lui, Bruno Hélie devrait avoir une convalescence évaluée à entre 6 et 8 semaines. Le fait qu’il soit dans une grande forme physique va contribuer à son rétablissement.

De la reconnaissance

24 heures après être sorti de la table d’opération, Daniel Desrochers montrait une immense reconnaissance envers ceux qui l’ont appuyé. À commencer par sa conjointe, France Rivard. «Elle a été le pilier dans toute cette histoire-là.  Elle a gardé la relation avec Bruno et ça n’aurait pas été possible si elle n’avait pas été jusque-là.  Elle a fait une super job et je l’aime beaucoup», a-t-il confié à TC Media.

L’homme se dit en grande forme. Le rein neuf qu’il a reçu lui permet  de récupérer les forces qu’il avait jadis. Ce n’est pas rien.

«Je suis fier de mon Bruno, tu ne peux pas savoir combien, poursuit-il. On vient de se rencontrer, c’était émotif (…) C’est une nouvelle vie qui commence».

M. Desrochers a tenu à adresser des remerciements à ceux et celles qui l’ont soutenu, car ils sont nombreux.

«Ça apporte tellement, tant au donneur qu’au receveur. C’est incroyable. Je veux remercier tous ceux qui m’ont appuyé. J’ai tellement eu d’appuis des gens de La Tuque. Les gens sont vraiment sensibilisés. Je ne peux les rejoindre tous, mais je veux faire le message à tout le monde que je les remercie infiniment», a-t-il conclu.

Chacun de son côté amène cette réflexion : si ce geste peut aussi en amener d’autres à sauver une vie par le don d’organes, cela constituera d’autres dons miraculeux. Autant M. Desrochers que M. Hélie ont accepté de faire part de leur expérience à TC Media dans l’objectif que d’autres puissent poser la même action, le moment venu. Car il s’agit du geste le plus généreux qui soit.

En compagnie de ses proches, M. Desrochers entreprend maintenant un retour bien mérité vers la santé.

Source : L’Echo de la Tuque

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