l-aeroport-de-nancy-esseyL’aéroport de Nancy-Essey est totalement investi dans la transplantation d’organes.

Il ne faut pas dépasser 8 heures pour prélever un foie, l’acheminer jusqu’au receveur et le greffer ; et seulement 4 heures pour un cœur et un poumon. C’est dire si le temps est compté. Pour permettre de réaliser les transplantations dans les meilleures conditions, l’aéroport de Nancy-Essey à Tomblaine est totalement impliqué. « On peut répondre aux besoins en 45 minutes. Contrôleurs aériens, pompier et toute l’assistance technique sont d’astreinte 365 jours par an », souligne Laurent Villa, directeur d’exploitation de l’aéroport.

56 prélèvements en 2014

Ce jeudi, il accueillait des équipes du réseau lorrain de prélèvements d’organes et leur coordonnateur, le docteur Etienne Chouvet, médecin urgentiste. Celui-ci explique qu’en matière de greffe de rein le même chirurgien peut assurer le prélèvement et la greffe. Pour les autres organes, c’est à l’équipe chargée de greffer d’aller sur place récupérer l’organe concerné. En Lorraine, l’an dernier, ont été effectués 56 prélèvements, ce qui correspond à la moyenne nationale ; la moitié a eu lieu au Centre hospitalier universitaire de Nancy. Le CHU est surtout concerné par la greffe de rein. On a compté une dizaine de greffes cardiaques, en 2013. Quand on le questionne sur le coût d’une transplantation d’organes, le docteur Etienne Chouvet souligne que la greffe d’un rein coûte 100.000 € à la sécurité sociale, mais qu’un an de dialyse pèse 80.000 €. C’est donc un retour sur investissement. Le médecin précise que l’insuffisance rénale en France représente 4 milliards d’€ par an, les trois quarts de cette somme étant représentés par la dialyse. Pour les autres organes, le transport aérien s’élève au maximum à 5.000 €.

Le coordonnateur mentionne encore qu’en matière de don d’organes, la France a 10 ans de retard par rapport à l’Espagne. Il l’explique par le fait que, sous le régime franquiste, on ne pratiquait pas la dialyse et que, très tôt la population a été sensibilisée au don d’organes. Il note aussi que, dans beaucoup de films de Pedro Almodovar, il est question de transplantation d’organes, ce qui contribue encore à préparer le grand public.

Ce jeudi, à l’aéroport, les équipes ont pu visiter toutes les installations. « On est en rapport avec l’infirmière de coordination qui se charge de toute la logistique. C’est elle qui contacte la compagnie aérienne et le terrain d’accueil. Certaines voix nous sont familières, mais c’est bien d’y associer des visages », confie Laurent Villa. La plupart des transplantations ont lieu de nuit. Le docteur Etienne Chouvet en donne la raison : « Les blocs opératoires sont plus disponibles la nuit ».

A l’aéroport d’Essey, 8 agents opérationnels (3 contrôleurs et 5 agents polyvalents) sont sur le pied de guerre toute l’année pour que les transplantations d’organes se déroulent dans des conditions optimales.

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