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Les nouvelles frontières en transplantation

ThErapeutiques innovantes en transplantation

La transplantation d’organes est devenue à la fin du XXe siècle une offre thérapeutique majeure en particulier vis à vis de défaillances d’organes mettant en jeu la survie des individus.

Si la technique de greffe elle même consistant à implanter un organe vascularisé sur les vaisseaux d’un autre individu a été mise au point par les grands pionniers de l’école lyonnaise (Carrel, Jaboulay) au tout début du XXe siècle, il aura fallu attendre les années 50 pour obtenir les premiers succès de transplantations de reins entre jumeaux (Boston, Paris), la découverte du système des antigènes tissulaires (système HLA Jean Dausset, prix Nobel de Médecine 1980) permettant de rechercher des compatibilités et surtout d’éviter des incompatibilités entre donneurs et receveurs. Suivront ensuite les premières transplantations de foie (Starzl, 1963), de cœur (Barnard, 1967), puis de pancréas, d’intestin et de poumon. Le véritable envol de la transplantation se fera dans les années 80 avec l’avènement de la Ciclosporine A, permettant de diminuer considérablement l’incidence des rejets et donc d’augmenter ainsi la survie des greffes.

La situation actuelle, résultant de tous ces progrès majeurs, est une activité foisonnante (4664 transplantations en France en 2007) permettant la survie prolongée d’autant de patients qui auraient été condamnés un quart de siècle plus tôt. Les grands enjeux actuels de la transplantation sont bien sur contenus dans nos objectifs 1, 2 et 3 mais aussi dans l’exploration de nouvelles frontières telles que les greffes composites, les xénotransplantations et de nouvelles formes de traitements anti-rejet.

 

Les greffes composites

L’équipe lyonnaise du Pr Dubernard a été la première au monde à effectuer des greffes de mains (1998) puis de visage (2005 en collaboration avec le Pr Duvauchelle, Amiens). Ces greffes sont dites composites car elles concernent un ensemble complexe de peau, muscle, os, vaisseaux et nerfs très fortement inducteurs de réactions de rejet. Cette stratégie est particulièrement innovante à divers degrés:

 

La xEnotransplantation

L’utilisation d’organes de porc chez l’homme pourrait être une des solutions à la pénurie d’organes que nous connaissons. Cependant les discordances entre le porc et l’homme engendrent des réponses particulièrement fortes et rapides rendant jusqu’à très récemment les survies très limitées chez des primates. La possibilité de modifier génétiquement des souches très limitées de porcs en leur introduisant des gènes humains (transgénèse) capables de limiter la réponse anti-porc, de même que la disparition (Knock out par transfert nucléaire) chez le porc de la cible majeure (Gal) de la réponse par les anticorps humains ont permis d’obtenir désormais des survies très significativement prolongées d’organes porcins chez le primate. L’équipe de Nantes a déjà une bonne expérience du sujet pour avoir été la première à utiliser les porcs dits DAF pour des greffes de rein chez le babouin étudie 1/ la réaction des cellules endothéliales des vaisseaux de porc lors de la rencontre avec les défenses de l’homme et les moyens éventuels de les protéger, 2/ des modèles expérimentaux de xénotransplantation rénale et de neurones entre porcs génétiquement modifiés (transgéniques divers et Gal KO) et babouins dans le but de mieux comprendre et donc bloquer les réponses contre ces nouveaux animaux.

 

De nouvelles voies d’immunosuppression

La compréhension de plus en plus fine des réactions contre un greffon nous permet d’imaginer de nouvelles voies de d’inhibition de ces réponses. Ainsi, une des molécules essentielles dans le message d’activation d’un lymphocyte de receveur qui conduit au rejet, la molécule CD28, peut être bloquée par un réactif innovant généré par le Dr Vanhove de Nantes, le sc28AT. Des expérimentations sur primates sont en cours pour tester la tolérance des animaux à la molécule et surtout son efficacité dans la prévention du rejet de greffes rénales, avant d’être éventuellement considérée pour des essais chez l’homme.

 


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