VOS ESPACES
Chercheurs du RTRS | Médecins et chercheurs | Entreprises | Particuliers | Presse        traduire la page en français   traduire la page en anglais

Logo de la Fondation Centaure
impression de la pagetitre les sciences de la transplantation
L'histoire de la transplantation

Par définition, la greffe est le transfert d'un organe entier d'un donneur, impliquant le rétablissement de la continuité vasculaire afférente et efférente de cet organe avec l'appareil circulatoire du receveur.

Cette définition distingue la transplantation de la greffe, qui consiste en un transfert de tissu ou de partie d'organe. Cependant dans un sens plus élargi le terme "greffe" est aujourd'hui employé pour parler de transplantation. On distingue :
Autogreffe = effectuée sur le même individu,
Isogreffe = effectuée sur un individu isogénique,
Allogreffe = effectuée sur un individu non isogénique de la même espèce,
Xénogreffe = effectuée sur un individu d'une espèce différente.

 

Les dEcouvertes historiques et les grandes figures de la transplantation

En 1818 la première transfusion sanguine d’homme à homme est réalisée par un obstétricien anglais James Blundell.
En 1900 – 1902 : Karl Landsteiner – un scientifique allemand – définit les trois groupes sanguins A, B et O. Ses collègues découvrent un quatrième groupe AB. (Landsteiner sera récompensé pour l’ensemble de ses travaux en 1930 par le prix Nobel).
En 1902, le Français Alexis Carrel tente la transplantation d’un organe chez l’animal.
1902-1908 : Carrel développe la technique de suture des vaisseaux sanguins et l’applique aux transplantations de rein, de cœur d’intestins et de membres chez l’animal. Il obtient en 1912, le prix Nobel en reconnaissance de son travail sur les sutures vasculaires et la transplantation de vaisseaux sanguins et d’organes. Il met également en évidence l’intérêt du froid pour la conservation des organes et des tissus.
En 1906, Mathieu Jaboulay, médecin lyonnais spécialisé en chirurgie vasculaire, est le premier à prélever un rein chez le porc et à le greffer à une femme; sa tentative se solde par un échec. En même temps Emerich Ullmann tente la même expérience. Il faut attendre 1933, pour que la notion de rejet immunologique soit mise en évidence par le Russe Serguey Voronoy qui réalise les premières allogreffes humaines de rein.
En 1940, Peter Medawar, zoologue anglais tente des greffes de peau sur des animaux afin d’étudier le processus de rejet. En 1960, le prix Nobel lui est attribué pour sa découverte de la tolérance immunologique acquise.
Le contexte de la deuxième guerre mondiale impose une longue période de latence dans l’évolution des recherches.
En 1947, David Hume (Etats-Unis) réalise avec succès (mais clandestinement, l’autorisation de greffe lui ayant été refusée) la première tentative de transplantation rénale à partir d’un donneur décédé. En 1951, l’expérience est réitérée à Chicago, par Richard Lawler.
L’année 1952 est riche en découvertes :Jean Dausset met en évidence le système HLA (il sera récompensé par le prix Nobel en 1980 pour sa découverte concernant les structures génétiquement déterminées à la surface des cellules qui régulent les réactions immunologiques). Pour la première fois Jean Hamburger et Jean Vaysse ainsi que leur équipe de l’hôpital Necker tentent une greffe de rein à partir d’un donneur vivant. Le patient survivra 21 jours. D’autres tentatives sont effectuées à Boston (Peter Bent Brigham Hospital). Il est à noter que les équipes sous la direction de David Hume continuent à se mobiliser pour lever le barrage immunitaire.
En 1954, à Boston, les équipes des professeurs Murray (récompensé par le prix Nobel en 1990 pour la greffe du rein), Merrill et Harrison parviennent à réaliser avec succès la première greffe rénale à partir d’un donneur vivant (entre 2 vrais jumeaux).
En 1958, Jean Dausset et Jean Bernard mettent en évidence le rôle et le groupe des HLA. En 1959, la première greffe rénale entre faux jumeaux est une réussite.
En 1960, la première greffe hors gémellarité  est réalisée par René Kuss et Marcel Legrain.
1962 est l’année de la première transplantation d’un rein prélevé sur un donneur décédé ; le patient survivra 21 mois grâce à un nouveau médicament immunosuppresseur : l’aziathropine.
En 1963, la première greffe hépatique est tentée par Thomas Starzl à Denver mais se solde par un échec. Cette même année la première greffe pulmonaire est réalisée par James Hardy dans le Mississippi.
En 1964, les premières xénogreffes rénales sont réalisées à partir de rein de chimpanzé à la Nouvelle Orléans par Reemtsma.
En 1966, la première greffe du pancréas est réalisée avec succès par Richard Lillche et William Kelly à Minneapolis. En 1967, la première greffe du foie est réussie par Thomas Starzl. Christian Barnard réalise une première transplantation du cœur au Cap. Il faut attendre l’année suivante (1968) pour que Christian Cabrol réalise la première greffe cardiaque en Europe.
En 1972, Jean-François Borel, biologiste suisse découvre les propriétés immunosuppressives de la ciclosporine qui a pour conséquence d’augmenter considérablement la durée de vie des greffons.
En 1976, la technique de transplantation d’îlots pancréatiques vascularisés est réalisée à Lyon et donne un nouvel élan à la transplantation pancréatique qui était abandonnée depuis 6 ans.
En 1980, la ciclosporine est synthétisée artificiellement et donc peut dès 1983 être commercialisée.
En 1981, la greffe combinée  cœur-poumons est réalisée par Norman Shumway et Bruce Reitz à Stanford
1984, Henri Bismuth met au point la technique du split liver qui consiste à partager en deux le foie du donneur pour le greffer à deux receveurs.
En 1985, la première greffe d’intestins est réalisée par Cohen à Toronto.
En 1989, la première transplantation du foie d’un donneur vivant à Chicago est réussie. Le recours au donneur vivant est dicté par le manque de greffon et par l’augmentation de patients qui meurent faute de donneur. A noter également que cette pratique est de plus en plus utilisée car le foie est le seul organe ayant la propriété de se régénérer. En 1990, la première transplantation d’un lobe pulmonaire est réussie à Stanford.
En 1992-93 Thomas Starzl réalise deux xénogreffes de foie du chimpanzé vers l’homme à Pittsburgh.
Jean-Michel Dubernard et Earl Owen en 1998, réalisent en première mondiale à Lyon la première greffe de tissus composite (greffe de la main). Ils réitèrent leur exploit en 2000 en greffant deux mains et avant bras. Cette nouvelle première est une réussite.
2005 est l’année où la première greffe partielle de visage – nez/bouche/menton est réalisée par Bernard Devauchelle (Amiens) et Jean-Michel Dubernard (Lyon). 2009 : un patient est simultanément greffé des deux mains et de la face par les équipes Laurent Lantieri de Créteil.

Quelques chiffres clEs

EN FRANCE EN 2008,
- On estime le nombre de porteurs d'un greffon fonctionnel à 43 395.
- 4620 patients français ont bénéficié d'une greffe d'organe (dont 360 de cœurs, 196 de poumons, 19 blocs cœur-poumons, 1011 de foies, 2937 de reins, 13 d'intestins, 84 de pancréas (y compris les donneurs vivants).
- La greffe rénale représente près de 63,6 % de la totalité des greffes.
- Environ 40 000** patients sont dialysés en France.
Le délai d’attente pour obtenir une greffe est d'environ 3 ans.
A ce jour plus de 13 600 malades* sont en attente d'une greffe (contre 13 112 en 2007).

- L'activité de greffe, après avoir connu un développement très dynamique (+ 44 % depuis l’an 2000), se maintient en 2008 au même niveau qu'en 2007(4867 greffes). On note cependant une augmentation du nombre de greffes rénales en 2008 de +0,8 % comparé à 2007 et que le nombre de greffes d'intestins en 2008 a été multiplié par 2 par rapport à 2007.
- L'activité de prélèvement se stabilise après avoir connu une hausse de 54 % depuis l'an 2000.

(*Source Agence de Biomédecine 2009 - Données Cristal du 21 mars 2009)
(** Source HEGP = Hôpital Européen Georges Pompidou 2009)

 

Les LOIS ENCADRANT LA TRANSPLANTATION

Pour la première, fois la notion de mort encéphalique est décrite par des neurologues français Mollaret et Goulon en 1959.
L’association France-Transplant est créée en 1969.
1976, la loi Cavaillet encadre la notion de consentement présumé. En 1978 sont créés les registres du refus dans tous les établissements hospitaliers, donnant la possibilité de faire connaitre son opposition au don.
Par arrêté, le Conseil d’Etat du 2 juillet 1993, reconnait la notion de mort cérébrale.
En 1994, la loi de bioéthique est décrétée. Elle définit les trois principes fondamentaux du don d’organe: la gratuité, le principe de consentement présumé et l’anonymat entre le donneur et le receveur.
L’Etablissement français des Greffes (EfG) est créé en 1994 et est placé sous la tutelle du Ministère de la Santé.
En 1998, le Registre National des Refus (RNR) voit le jour.
En 2000, le plan Greffe est mis en place par le Ministre de la Santé et des fonds destinés à la transplantation sont augmentés.
Août 2004, la loi de Bioéthique est révisée et le cercle des donneurs vivants est élargi.
En 2005, l’Agence de Biomédecine remplace l’EfG.
La transplantation est décrétée grande cause nationale en 2009.

 


© 2008 Fondation CENTAURE | | Plan du site | Contactez-nous | Liens utiles | Mentions légales | Crédits