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Il y a 10 ans aucune base de données en transplantation ne permettait de réaliser des études épidémiologiques précises et de qualité en transplantation. Le Registre de l’établissement français des greffes et la banque de données CTS (Collaborative Transplant Study) conduite par le Pr G. Opelz à Heidelberg en Allemagne n’apportaient que des données succinctes et non contrôlées. Pour répondre à ce besoin d’épidémiologie de transplantation, nous avons créé, la banque de données DIVAT qui permet le recueil en temps réel, plus de 200 paramètres biologiques et médicaux des patients greffés depuis 1990 d’un rein et/ou d’un pancréas. La base a dans un premier temps été installé localement au CHU de Nantes. Puis très rapidement, nous avons organisé un réseau français, avec les CHU de Paris Necker, Nancy, Montpellier et Toulouse (plus de 100 greffes de reins par an) et tout récemment Lyon. DIVAT a le soutien de la société IDBC (co-fondée par l’ITERT en 2000) et bénéficie d’un partenariat privilégié avec le laboratoire Roche. La qualité des données de la banque DIVAT est validée par la pratique annuelle d’un «cross audit» des données informatiques par rapport aux données sources. La banque de données DIVAT est donc devenue un outil épidémiologique très utile en transplantation.
Devant l’importance grandissante de la cohorte de transplantés de rein et de pancréas de DIVAT, nous avons souhaité compléter l’outil épidémiologique par une banque de matériel biologique nous permettant de conduire des travaux translationnels en particulier avec l’Unité Inserm U643. C’est pourquoi, nous avons organisé La Collection Biologique DIVAT-Biocol (Appel à collection de matériel biologique Inserm N°02 G 0555). Elle permet le stockage des cellules du sang périphérique, du sérum, des urines et du mRNA des transplantés de Nantes, directement liés aux données cliniques de la base DIVAT. Nous souhaitons maintenant dans le cadre de l’axe DIVAT du RTRS CENTAURE étendre cette biocollection au centre de Necker et de Lyon.
DIVAT devient un standard méthodologique, ainsi la quasi totalité des greffes pratiquées chez l’enfant en France a intégré le réseau national DIVAT-Pédiatrie (coordonné par le Dr Guyot, pédiatre du CHU de Nantes).
La base de donnée DIVAT, est couplée à un outil de statistiques descriptives qui nous permet d’initier des travaux de recherche sur le devenir des transplantés. Cependant, un abord statistique plus performant, mettant en jeu des statisticiens spécifiquement affectés à l’analyse de données de la banque, nous est apparu indispensable pour l’utilisation de modèles statistiques complexes (voire novateurs). C’est pourquoi nous avons créé une cellule de biostatistique consacrée à l’épidémiologie de la greffe dans le cadre du réseau DIVAT. Dans ce but, nous avons recruté, grâce au soutien du RTRS CENTAURE, un post doctorant en biostatistique ayant effectué sa thèse d’université dans le Laboratoire Epidémiologie et Biostatistique de Montpellier dirigé par le Pr JP. Daurès. Nous avons décrit un premier modèle semi-markovien appliqué en transplantation rénale. (FoucherY, Giral M, Soulillou JP, Daures JP. Stat med. Nov 2007). Nous souhaitons continuer cette recherche pour définir des modèles innovants d’épidémiologie de transplantation. Par exemple nous souhaitons créer un score ROC à 1 an de covariables pré et post transplantation, prédictif de la perte des greffons à 5 et 10 ans. Nous allons accueillir dès mai 2008 un post doctorant qui renforcera cette recherche clinique.
Parcequ’il nous est apparu que la biocollection des transplantés était un outil unique et nous permettait de mener à bien des travaux de recherche translationnels avec les chercheurs du réseau CENTAURE, nous souhaitons développer et structurer un Centre de Ressource Biologique DIVAT-Biocol. Nous avons donc mis en priorité de ses projets dans le cadre du RTRS la création du CRB DIVAT-Biocol. Dans ce but, l’ITERT et l’Institut du Thorax de Nantes ont décidé de mutualiser la mise en conformité de leurs deux biocollections sous le nom de «la Biobanque Ouest Atlantique» en engageant un ingénieur qualité (Sonia Brémard) pour une durée de 18 mois. De plus, afin de contribuer à la pérennisation de notre biocollection et à son extension à Necker et Lyon dans le cadre du RTRS CENTAURE dans le cadre du CHU, nous avons aussi engagé un technicien à mi-temps qui contribuera au fonctionnement spécifique de notre biocollection en soutien des 2 techniciennes du CHU.
Nous souhaitons étendre la banque de données DIVAT aux centres de transplantation Européens. Il n’existe actuellement pas de banque Européenne de données validées en transplantation rénale. C’est pourquoi nous pensons qu’il existe un réel besoin de créer une base de données de dimension européenne, intégrant des paramètres précis du suivi des transplantés de rein et selon la méthodologie initiale de DIVAT. Cette base de données européennes se fera par coaptation des centres qui souhaiteront participer au réseau et adhérer à la méthodologie de DIVAT. L’extension du réseau au CHU Pise (Italie), Bruxelles (Belgique) est déjà en cours de structuration.
Le projet DIVAT-Pancréas fait partie de l’extension de DIVAT et est aussi soutenu par le RTRS CENTAURE. Les centres de Nantes et Lyon représente 65% de l’activité de la greffe de pancréas en France. Nous souhaitons créer une base de données unique sur les paramètres médicaux et chirurgicaux en greffe de pancréas réalisés à Nantes et Lyon (centre de Pise en discussion). Notre projet est de structurer cette nouvelle base de données qui sera sous la responsabilité alternée des nantais, des lyonnais ou de Pise (PI Diego Cantarovich et Lionel Badet et F. Vistolli actuellement post doctorant à l’ITERT 2007-2009). Nous créerons ainsi un outil de recherche épidémiologique sur la greffe de pancréas permettant de conduire des études sur plus 700 patients greffés d’un pancréas ce que n’autorise actuellement aucun registre. La base de données est en cours de construction.