don_rein_vivantDans le quartier d’Hastignan, depuis février 2011, Véronique Vigné accueillait les clients derrière le comptoir de la boulangerie de son mari, Jean-Claude. Pourtant, depuis plusieurs mois, elle s’était faite rare, puis carrément absente.

« Ici, souligne-t-elle, c’est comme un petit village, les gens se sont interrogés et les rumeurs ont commencé à se répandre. » Divorce, décès, changement de propriétaire, toutes les hypothèses ont couru, sans que les époux Vigné puissent les rattraper. « Nous avons hésité à en parler ouvertement car ce qui nous arrivait était intime, mais nous nous sommes dit que cela pouvait servir de témoignage et faire avancer la cause du don d’organes. »

Effectivement, si la boulangerie reste fermée quatre semaines en août prochain, ce ne sera pas pour de reposantes vacances bien méritées, mais parce que Jean-Claude va donner un rein à son épouse. « Je souffre de polykystose rénale, c’est une maladie héréditaire évolutive. Les années passaient et mon état se dégradait, au point qu’il a fallu m’enlever un premier rein l’an dernier. »

Parcours du combattant : Jean-Claude qui était au courant depuis leur rencontre du mal dont souffrait Véronique, lui avait toujours dit que, si cela était possible, il lui donnerait un de ses reins. « Le moment est venu. Depuis un an et demi, Véronique doit aller se faire dialyser trois fois par semaines, pendant cinq heures à l’hôpital. Ce n’est plus une vie, mais de la survie, il fallait donc faire une greffe. »

La décision venait du cœur, elle était claire, mais restait encore un parcours du combattant à franchir avant de pouvoir la concrétiser. « Il m’a fallu presque un an de tests et d’examens pour savoir si j’étais compatible avec la greffe envisagée », raconte Jean-Claude Vigné. Des résultats parfois contradictoires d’une analyse à l’autre ont provoqué des hauts et des bas au moral du couple. Sans compter les rendez-vous avec le chirurgien, l’anesthésiste, mais aussi un psychiatre. Il ne leur reste plus qu’à passer devant le comité d’éthique et à aller signer un papier au tribunal.

Espérance de vie : « Nous avons été vraiment soulagés en apprenant en décembre que j’avais le feu vert médical pour donner un rein à Véronique. La science a fait beaucoup de progrès et aujourd’hui les médicaments peuvent compenser le fait de ne pas être de la même famille. Le don a été élargi aux amis proches et aux époux, jusqu’à 75 ans. Mais même ainsi, c’est toujours difficile de trouver quelqu’un qui puisse donner un organe de son vivant. »

Désormais, les époux Vigné voient l’avenir d’un bon œil, même s’ils ne sont pas encore au bout de leurs peines.

Côté santé, Jean-Claude ne se fait aucun souci de vivre prochainement avec un seul rein. « J’aurai un suivi médical complet régulièrement… ce qui me permettra sans doute d’augmenter mon espérance de vie. Et cela m’obligera également à avoir une hygiène de vie et alimentaire particulièrement saine, ce qui là aussi ne peut que me rajouter quelques années au compteur ! »

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